mercredi 13 février 2013

Letter to Lars VON TRIER for the Cairn of Scientists by Catherine SERMET


A l'attention de Monsieur Lars Von Trier

Cher Monsieur, 

je vous écris entre deux espace temps.
Sur l'universalité de la chute libre -Galilée-, et le principe d' équivalence -Einstein.
A cet instant, je me rends compte que vous écrire est à la fois l'idée la plus heureuse de ma vie et la plus dangereuse surement. 
Ecrire à Lars Von Trier, le cinéaste du Dogme, pour moi, un des plus grands cinéastes. 
Pour l'espace avant vous il y a eu Tarkovski. Pour les actrices, avant vous il y avait eu Dreyer et son film Gertrud
Vous réunissez ces deux qualités essentielles, filmer jusqu'au grain de la peau et ouvrir vos focales sur l' infini de l' espace obturé par une météorite.
Je pense donc, je vous l'écris très sincèrement, que vous êtes la plus fidèle incarnation du paradoxe des jumeaux. Vous êtes, comme le dirait Héraclite, comme le temps, comme un enfant qui joue aux échecs .

Le temps n'est plus !
Le temps n'existe pas !
Le temps illusion !
Le temps n'est qu'un songe !
Du temps a passé depuis l'homme à la caméra, depuis Dziga Vertov, depuis Dreyer, Eisenstein, Fritz Lang… jusqu' à vous Monsieur Lars Von Trier.  
Je suggère à cette étape d'un épistolaire si difficile car  il doit vous convaincre de la nécessité d'une rencontre pour vous proposer le projet SEA URCHIN IN THE SKY.

Pourquoi vous :
- le train Zentropa.
- les larmes d' Emily Watson dans Breaking the waves.
- Bjork aveugle.
- les dessins à la craie pour dire la scénographie et le décor dans Dogville.
- la forêt darwinienne dans l' Antichrist, menaçante comme toutes les taïgas dans la littérature russe.
- le bal, dans Melancholia avec une ambiance à la Jérôme Bosch et des linceuls qui semblaient se préparer comme dans des gravures de Dührer, un crépuscule des dieux chanté par la voix claire de Sigur Ros avec le tempo d'une poésie Scaldique.
- vos actrices, des petites sirènes qui ont pris la mer et ont certainement rencontré Ulysse et depuis, c'est écrit, nous en savons quelque chose, que les odyssées humaines sont terrifiantes .


Vous comprendrez donc que j'ai un rapport essentiel, nécessaire face à votre cinéma.

Je ne crois pas en avoir saisi encore les aspects fondamentaux, mais je crois que parfois je sais en lire l'alphabet. 
Lorsque je vous écris ainsi, je me sens comme face au sphinx et évidemment, die welt comme dirait Heidegger dans son principe de raison, Mercure avance, le Sphinx parle. 
Nos espace temps sont élastiques. 
L' univers est peut-être chiffonné.

Monsieur, vous écrire est l'expérience la plus cruciale de mon existence.
Oui, je pense que le mot crucial n'est pas trop fort pour vous dire l'importance de cet épistolaire.
J'espère, avec Monsieur Thierry Mathelin, son nom d' artiste Fabien Ayih Della Robert dit FADR et moi-même, vous convaincre d' un rendez-vous pour la genèse d'un projet.

Cet artiste travaille avec des matières très particulières: le bitume, le givre et le végétal. Il considère qu'il n'est pas né. Il considère que dans son sang coule du bitume.
Il considère que le givre est matière humaine.
Il veut créer à l échelle de la croute terrestre, un nemeton, emprunté à sa parenthèse humaine dont le bornage est très simple: depuis l' holocène jusqu' à la réponse que donnera le boson de Higgs.
Ce nemeton n'aura de sacré que parce qu'il sera vu de la lune, des étoiles, des autres univers, dans une immobilité glacée car il croit à cette théorie " Evolution of structures matter with new concepts beyond the standard model - absolute zéro"

Quand il va voir un de vos films, en particulier le dernier, bien sur il y avait une météorite, il choisit une salle, puis le fauteuil du premier rang. Une autre salle, puis le fauteuil du dernier rang. Puis une autre salle, au milieu. Puis, sur son écran plat. Puis sur son ordinateur. Puis sur son Ipad. 

Je me suis égarée pour vous dire l'intensité de la relation que nous avons Monsieur Thierry Mathelin dit Fabien Ayih Della Robert dit FADR et moi-même avec votre travail.

Revenons à ce nemeton ou seront disposés des Cairns.
Le Cairn des scientifiques.
Le Cairn de personnalités qui ont compté dans le monde (un peu comme les gisants de nos Cathédrales).
Dans le processus du Cairn, il y a l' étape du film.
Du réalisateur qui pose son regard sur un moment de l' humanité.
Mr Thierry Mathelin dit Fabien Ayih Della Robert dit FADR a pensé à vous pour conter l' histoire du Merveilleux, du Sacré, de la genèse et de l' Humain, avec ses oursins dont il vous dira qu'ils sont sans noyau mais bien vivants, flottants dans des airs qui n'ont à voir ni avec l' éther, ni avec l' atmosphère, mais avec l' espace temps.


Cet artiste n'interroge absolument pas le rapport entre les morts et les vivants.
Son esthétique et son éthique s'inscrivent dans le monde selon Pauli, Röntgen, le nouveau prix nobel de physique Serge Haroche.
Alors, pour défendre cet univers si particulier, je vais puiser vraiment jusqu'au plus profond de moi-même pour vous écrire. 
Je repousse toutes mes peurs et j'aimerais vous convaincre qu'en portant un regard par votre caméra sur l' ensemble du travail de cet artiste, de ses matières, vous verriez la cohérence des questions qu'il pose.
Et, dans le fond, vous partagez l'idée que la nature humaine serait à jamais instrumentalisée si il n'y avait pas l' art et les artistes.

Il a confronté son travail avec des scientifiques qui ont paraphrasé d' un "oui" : 
Jean Pierre Luminet, Etienne Klein, Thibault Damour, Patrick Tort, Régis Boyer, Jean-Pierre Changeux, Jean-Claude Ameisen, Michel Eidi.

Certains pensent que la condition de l'humain et ce qui unirait tous les vivants est l' argent. "Remenber that time is money ", écrivait Benjamin Francklin en 1748, dans " conseils à un jeune commerçant".
Depuis le 18 ième siècle, le sablier du temps s'est emballé.
Mais pour cet artiste, il ne s'intéresse pas à ces flux financiers, il s'intéresse à la collusion entre des quarks, des protons, des neutrinos et des boson de Higgs.
Mister Higgs est son héros.

Pitch de ce qui vous est proposé:
Einstein - energie -  transfert - crossing the line.
convoquer des danseurs tels que Michael Barychnicov, Marie-Agnes Gillot, Kader Belarbi, Carolyn Carlson (qui ont eu aussi paraphrasé d' un "oui" de principe). 

Pour raconter avec la danse, un pur moment de Degré Zero, face à des LILITH, aux Cairns dédiés à l' EDDA et à la poésie Scaldique. 
Ils danseraient le Merveilleux, le Sacré, la Genèse, l' Humain.
Devant votre caméra convoquer la biologie et la philosophie des sciences, la physique quantique, le darwinisme, l'art …. pour tenter de cerner, non pas ce qui est la vie, mais se poser la question ensemble . 
Inventer l'idée d'un colloque artistique pour répondre à la question : " Qu'est-ce que le vivant ?"

Là, je me permets d'intervenir.
Et je trouve que cela serait digne d' Orphée allant chercher Euridice.
D'un Opera de Wagner, d'une symphonie de Haendel, d'une valse lente de Sibelius.

L'idée serait que le décor de cette aventure, de ce colloque artistique, soit les décors de votre dernier film MELANCHOLIA
Revoir, cela non pas comme un décor, mais comme une rétroprojection.
Non pas comme un reliquat, mais comme une relique, un saint suaire, comme Leonard de Vinci peignant la Cène. 
Rendre au réel l' espace fictif de votre dernier film.
Il s'agirait bien du comble du langage. 
Tous vos films ont pour sujet l' espace et le temps.

Alors, comme Ziberberg, à la place d'une mappemonde, d'un globe terrestre,ce serait vos décors qui tiendraient lieu d' espace in situ pour le land art de Monsieur Thierry Mathelin dit Fabien Ayih Della Robert dit FADR. 

Réinterpréter un espace.
Rendre vos décors fantomatiques jusqu' à conduire les scientifiques, la statue de Lilith, l' homme neuronal , car Fabien Ayih Della Robert est aussi un performeur, jusqu'aux ruines ou presque ruines du Chateau d' ELSENEUR. 

Voilà Monsieur,
cette lettre se termine,
J'espère que vous avez compris notre admiration  éperdue pour votre travail, votre univers, au sens latin de ce terme, "cum prendere" faire avec.

Je vous remercie de m'avoir lue et j'espère vous avoir convaincu car pas une seule de mes phrases, pas un seul de mes mots n'ont menti.
L ' artiste FADR veut illustrer avec vous la rumeur du monde, la rumeur d'autres mondes, la rumeur quantique, et voir, devant vos caméras, s' égrainer des sentences scientifiques , des sentiments dansés, et la raison cadrée par vous Monsieur Lars Von Trier.



Merci de m'avoir lue.
Dans l' attente,
je vous prie d'agréer, Monsieur, l' expression de mes salutations les plus respectueuses



Catherine SERMET